Le guide complet
Vous souhaitez vendre vos créations imprimées en 3D, mais vous ne savez pas combien les facturer ? Le calcul du prix d’une impression 3D ne se limite pas au poids du filament utilisé. Il faut également prendre en compte le temps d’impression, l’électricité, l’usure de l’imprimante, le temps de travail et la marge nécessaire pour rentabiliser son activité.
Chez Gremgraph, l’objectif est de comprendre ces différents éléments afin de proposer un prix cohérent, aussi bien pour une pièce personnalisée que pour une pièce de remplacement ou un prototype.
1. Le coût du filament : la première étape
Le filament est l’un des premiers éléments à prendre en compte. Son prix varie selon la matière, la marque, la couleur et ses propriétés.
Pour calculer son coût, il suffit de connaître le prix de la bobine et son poids.
La formule :
Coût du filament = (prix de la bobine ÷ poids de la bobine en grammes) × poids utilisé.
Exemple :
- Prix d’une bobine de PLA : 25 €
- Poids de la bobine : 1 000 g
- Poids de la pièce : 50 g
Le calcul est le suivant :
25 € ÷ 1 000 × 50 = 1,25 € de filament.
Attention : il faut utiliser le poids total indiqué par le logiciel de tranchage, en tenant compte des supports, des purges et des autres pertes de matière éventuelles.
Le PETG, le TPU flexible et les filaments chargés en fibres de carbone peuvent coûter plus cher. Le choix du matériau doit donc être adapté à l’utilisation de la pièce.
2. Le temps d’impression : un coût à ne pas oublier
Deux objets peuvent utiliser la même quantité de filament, mais nécessiter des durées d’impression très différentes.
Une pièce de 50 g imprimée en deux heures ne mobilise pas la machine aussi longtemps qu’une pièce de 50 g imprimée en huit heures.
Le temps machine doit permettre de couvrir plusieurs dépenses :
- L’amortissement de l’imprimante, c’est-à-dire la répartition de son prix d’achat sur sa durée d’utilisation.
- L’entretien et les pièces d’usure.
- Les éventuelles réparations.
- L’immobilisation de la machine pendant la fabrication.
Pour simplifier les calculs, on peut définir un tarif horaire machine qui regroupe ces différents frais.
Exemple :
Pour une impression de 4 heures, avec un coût machine estimé à 0,50 € par heure :
4 × 0,50 € = 2 € de coût machine.
Ce tarif est un exemple de calcul, pas un tarif universel. Il doit être adapté au prix de l’imprimante, à sa durée de vie estimée et à ses frais d’entretien.
3. L’électricité : un petit coût qui s’accumule
Une imprimante 3D consomme de l’électricité pendant la chauffe du plateau, la chauffe de la buse et l’impression.
Pour calculer ce coût, il faut connaître la consommation électrique moyenne réelle de la machine, la durée d’impression et le prix du kilowattheure.
La formule :
Coût électrique = puissance moyenne en kW × durée en heures × prix du kWh.
Exemple :
- Consommation moyenne : 0,15 kW
- Durée d’impression : 4 heures
- Prix de l’électricité : 0,20 €/kWh
0,15 × 4 × 0,20 = 0,12 € d’électricité.
La consommation réelle varie selon l’imprimante, la température du plateau, le matériau utilisé et les conditions d’impression. Une mesure à la prise permet d’obtenir une estimation plus précise.
4. Le temps de travail : préparation et finition
C’est un élément souvent oublié lorsqu’on débute dans l’impression 3D.
Même si l’imprimante travaille automatiquement, certaines tâches nécessitent du temps :
- Préparer le fichier dans le slicer.
- Choisir les paramètres d’impression.
- Préparer le plateau et lancer la fabrication.
- Retirer la pièce et les supports.
- Effectuer les contrôles et les finitions.
- Emballer la commande.
La modélisation 3D ou la modification d’un fichier existant peuvent également représenter une part importante du travail.
Exemple :
Si vous passez 15 minutes sur une commande et que vous valorisez votre temps à 15 € de l’heure :
15 € ÷ 60 × 15 = 3,75 € de main-d’œuvre.
Pour une création personnalisée, il est préférable de facturer séparément la conception lorsque celle-ci demande un travail conséquent.
5. Les impressions ratées et les pertes
Une impression peut échouer à cause d’un problème d’adhérence, d’un défaut du filament, d’un mauvais réglage ou d’une coupure.
Ces échecs entraînent une consommation de matière et de temps machine qui ne sont pas toujours récupérables.
Pour éviter de vendre à perte, il est utile de prévoir une petite réserve pour les pertes et les réimpressions.
Cette réserve dépend notamment de la fiabilité du modèle, de la matière et du taux d’échec constaté dans votre atelier. Elle doit être estimée à partir de votre expérience plutôt que choisie au hasard.
6. Ajouter les frais et la marge
Une activité d’impression 3D doit aussi couvrir ses autres dépenses :
- Emballages et consommables.
- Frais d’expédition lorsque ceux-ci sont pris en charge.
- Frais de plateforme ou de paiement.
- Frais professionnels et charges applicables à l’activité.
- Temps consacré aux échanges avec les clients et à la gestion des commandes.
Une fois le coût de revient calculé, il faut ajouter une marge suffisante pour rémunérer le travail et permettre à l’activité de se développer.
Attention : la marge n’est pas la même chose que le chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires correspond aux ventes, tandis que le bénéfice dépend de l’ensemble des coûts et des charges applicables.
Pour une activité de vente, il faut également distinguer une majoration du coût et une marge calculée sur le prix de vente : ces deux méthodes ne donnent pas le même résultat.
7. Exemple concret : calcul du prix d’une pièce imprimée en 3D
Prenons une pièce simple en PLA, destinée à un client.
| Élément | Calcul | Coût |
|---|---|---|
| Filament | 50 g à 0,025 €/g | 1,25 € |
| Temps machine | 4 h à 0,50 €/h | 2,00 € |
| Électricité | Estimation | 0,12 € |
| Main-d’œuvre | 15 min à 15 €/h | 3,75 € |
| Sous-total | 7,12 € |
Dans cet exemple, le coût estimé est de 7,12 €, avant réserve pour les impressions ratées, frais généraux, éventuels frais de vente et marge.
Si l’on ajoute, à titre d’exemple, une réserve de 10 % sur ce sous-total, le coût estimé passe à environ 7,83 €.
Il reste ensuite à définir un prix de vente adapté au travail effectué, au marché et aux frais de l’activité. Cet exemple est indicatif : il ne constitue pas un tarif universel pour toutes les pièces imprimées en 3D.
8. Pourquoi deux impressions 3D similaires peuvent-elles avoir des prix différents ?
Le prix dépend de nombreux paramètres, même lorsque deux objets semblent identiques :
- La matière choisie.
- Le poids et la durée d’impression.
- La complexité du modèle.
- Les supports nécessaires.
- Le niveau de finition attendu.
- La conception ou la personnalisation demandée.
- La quantité commandée.
Une petite pièce technique qui nécessite plusieurs heures de modélisation peut ainsi coûter plus cher qu’un objet décoratif plus volumineux, mais directement prêt à imprimer.
Pour une petite série, certains frais de préparation peuvent être répartis sur plusieurs exemplaires. Le prix unitaire peut donc diminuer lorsque la quantité augmente.
Conclusion : bien calculer pour vendre au juste prix
Le prix d’une impression 3D doit tenir compte de bien plus que du filament. La durée d’impression, l’électricité, l’usure de la machine, la préparation, les finitions et les frais professionnels participent tous au coût réel de fabrication.
En prenant le temps de calculer chaque poste, vous pouvez proposer des prix cohérents, éviter de travailler à perte et valoriser correctement votre savoir-faire.
Vous avez un projet d’impression 3D ?
Chez Gremgraph, chaque projet peut être étudié selon vos besoins, la matière souhaitée et la complexité de la pièce.
Contactez-nous pour discuter de votre projet et obtenir une estimation adaptée.
🌐 Site internet : https://gremgraph.com
